Les tables sont couvertes de boîtes de crayons et de fusains, de pelotes de fils et de papier à dessin. Au sol et sur les murs : des sculptures, des peintures... Pas un bric-à-brac, plutôt des parcours de vie. Ceux d’adolescents en rupture sociale invités à s’exprimer auprès de Daniela Falciglia, qui a installé son atelier, Au Fil de la création, dans un vieil entrepôt marseillais. L’ancienne trapéziste de cirque a réinvesti son goût de la voltige dans l’art-thérapie, « une sorte de psychothérapie qui ne fonctionne pas par la parole », explique-t-elle. Cette thérapeute de 49 ans, pionnière de la pratique en institution, travaille depuis huit ans avec les pensionnaires d’une Maison d’enfants à caractère social (MECS), foyer où les enfants viennent soit de leur propre chef, soit sur injonction de la protection judiciaire de la jeunesse. Arrivée en MECS l’an dernier, Sandrine* appartient à la deuxième catégorie. Comme les autres, elle s’est d’abord défoulée, tapant sur les murs, cassant des objets... Détruire pour reconstruire. De matériaux de récup’ réduits en miettes, Sandrine a fait une oeuvre d’art. De l’abstrait, elle est passée au concret. La jeune fille de 18 ans conjugue maintenant le foyer au passé et prépare une formation d’aide-soignante. « Les gens croient que les jeunes en difficulté sont des paumés, confie-t-elle. L’art-thérapie montre qu’on est capable de créer, que notre état peut n’être que passager. » Gaëlle Danglebert * Le prénom a été changé.

 

Ados en rupture, 20 minutes, Marseille

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