Lors d'un contact d'une famille, deux jeunes hommes accompagnés de leur mère me contactent désemparés, et sans solutions pour un suivi pour leur mère. La proposition est de travailler en collaboration avec les équipes médicales et le soutien d'une association pour l'alcoolisme, pour soutenir leur mère mais également la famille, les entretiens ont été établis selon un protocole avec la personne et la famille, en lien eux même avec les médecins.

 

Le suivi a commencé il y a une année, et continue à raison d'un contact tous les trimestres. Lorsque cette femme vient devant moi, elle est désarmée, complètement effacée et irresponsable, et elle ne peut plus selon les équipes et les services médico-sociaux, être autonome et responsable, elle a d'ailleurs une reconnaissance à la MDPHI. A ce moment, elle est très malade, en plus de l'addiction, vient s'ajouter tous les effets néfastes dus à l'alcoolisme et une malnutrition. La famille était décousue, et la souffrance se lisait dans les visages de chacun.

 

Cette femme, que nous nommerons Denise a pris confiance, nous avons échangé des soins possibles, des modes d'interventions de chacun et de mes ateliers, en premier lieu, par une écoute active, pour l'amener à l'art thérapie. Denise a eu trois hospitalisations et une cure de cinq semaines, où elle ne voulait pas aller, ce séjour a servit de rupture, et de prise de conscience même si elle n'a pas participés aux ateliers et à l'écoute psychologique.

 

Après quelques entretiens, un échange avec l'association, et l'alcoologue, elle continue à venir aux ateliers, je lui propose de faire des séances en papiers collés ou en mandala*. Le mandala est un thème simple, qui aide à se concentrer et à prendre une ligne de conduite, pendant un temps, à rester serein et posé, à créer avec ses couleurs.

 

Régulièrement, elle vient aux ateliers et créent entre créations collés et coloriages de mandalas, au choix, en fin de séance nous faisons un mini entretien, avec une approche de psychologie positvie, d'écoute active, et de valorisation de chaque petit pas, voir de mettre de nouveaux pas en place, tout en associant dans l'accompagnement le suivi des soignant, en en parlant pour voir si elle les voir.

Au bout de quelques ateliers, elle arrête d'aller à l'association d'aide aux personnes alcooliques, et pourquoi arrêtez vous ? "Je n'aime pas aller là-bas, il ne parle que d'alcool !" J'écoute, et lui dit simplement que c'est son avis, ok.

 

Un lien avec la famille a lieu par téléphone pour voir comment elle passe les journées entre les séances, et ils me disent que cela va mieux, à environ 6 mois, que parfois elle rechutent, mais avec la complèmentarité de chacun, la confiance est là, et ils sont plus rassurés, prêts à patienter quelques mois.

 

Et au fil des mois, Denise a pris un rythme différent, il est à noter, qu'elle a changée complétement de mode de vie, avec une autre famille, qui lui offre un rythme et un quotidien du mieux qu'ils peuvent, même si elle est seule en journée, sa vie s'améliore et sa santé se stabilise.


Après 10 mois, les ateliers s'éloignent dans le temps, elle s'est mis régulièrement à créer chez elle, soit des collages, soit des mandalas, elle vient avec à mes séances et on parle de ses images, de ses couleurs, elle exprime son ressenti, son enfance, ses envies.

 

A 14 mois, elle peut reprendre une vie en toute autonomie et vivre seule dans son logement, la famille est tutelle, compte tenu de son incapacité à gèrer l'argent, les achats, elle a repris une vie sociale. Pendant ses quelques mois, elle a repris goût à prendre des repas, à parler dehors, à avoir des amies, et à s'autoriser une vie plus calme. Elle continue ses soins par l'intermédiaire de son généraliste, mais elle n'a plus de traitement depuis six mois.

 

Une expérience que le changement est possible même dans des situations d'addictions, si nous savons l'accompagner, et que les professionnels travaillent ensemble. Denise avait besoin de liens autour d'elle et de reprendre confiance à la vie. A nous, de travailler ensemble, quelque soit les difficultés les synergies ne peuvent qu'être bénéfique à la personne, par un accompagnement global, A vous, professionnels d'innover et de créer ses synergies avec des équipes interdisciplinaires.

 

D'ailleurs, plusieurs structures travaillent dans ce sens, par exemple à l'hôpital du Vinatier, les équipes de Messidor, le réseau IAF selon des publics spécifiques à leur structure... Le processus d'accompagnement et de soins par l'expression créatrice est pour plusieurs types de difficultés un complèment aux pratiques actuelles et à la médecine, qu'elles soient programme de gestion de la douleurs, programme handicap, réussite éducative, dépression, fragilité psychiques...

 

témoignages Addictions & Art thérapie  copyright 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

coaching arthérapie bien être mieux être prevention handicap santé globale innovation protocole art thérapie accompagnement addiction fragilité soins  hopitaux conférence articles paris lyon avignon paca idf rhone alpes

Retour à l'accueil